
ASSOCIATIONS UNIES | CHIFFRES ET DOCUMENTS | DALO | GOUVERNEMENT | PRESSE - vendredi 27 novembre 2009
C'est un appel à l'aide. 31 associations, réunies en collectif, organisent vendredi soir la 2e édition de la nuit solidaire pour le logement dans plusieurs grandes villes, pour alerter sur la crise du logement en France. Loyers trop chers, appartements insalubres ou cabanons de fortune... Le problème du logement revient régulièrement sur la table et paraît insoluble. Les acteurs de terrains ne sont pas de cet avis: des solutions existent à condition qu'il y ait une volonté politique. Entretien avec Christophe Robert, directeur d'études à la fondation Abbé Pierre.
Vous avancez le chiffre de 10 millions de victimes de la crise du logement...
Un Français sur six est concerné par la crise. On estime à 3,5 millions les "très mal-logés": certains dorment dans la rue, d'autres dans des caravanes, des caves, des hangars ou même des voitures. 6,5 millions de personnes sont en situation dite de fragilité par rapport au logement. Beaucoup se débrouillent comme ils peuvent, hébergés par des amis ou la famille. D'autres ont un toit mais un loyer beaucoup trop élevé qui plombe leur budget, avec des conséquences directes sur l'alimentation, l'habillement. Ces personnes fragilisées peuvent très vite basculer dans la grande précarité.
On a le sentiment que les lois se succèdent et que sur le terrain, la situation ne s'améliore pas. Existe-t-il des solutions ?
Oui, nous avons proposé 100 mesures concrètes et économiquement pertinentes. La France connaît un déficit de logement depuis 25 ans. On ne construit pas assez et en plus, l'offre de logements neufs n'est pas adaptée aux ressources des ménages. On peut agir là dessus, en rendant par exemple obligatoire la construction de 30% de logements sociaux à loyers accessibles dans tous les programmes immobiliers de plus de 10 logements. Autre mesure que nous réclamons: suspendre les expulsions locatives pour les ménages de bonne foi qui n'arrivent plus à payer leur loyer, tout en garantissant un dédommagement aux propriétaires.
Quel bilan tirez-vous deux ans après l'entrée en vigueur de la loi sur le droit au logement opposable (dite loi Dalo)?
Disons qu'elle commence à être un échec. Seulement 46% des ménages reconnus prioritaires ont été relogés ou hébergés. C'est une bonne loi que nous avons soutenue et que nous soutenons, mais l'absence de logement à loyer accessible ne permet pas de l'appliquer... On en revient au même problème, la pénurie de logement.
Qu'attendez-vous de cette nuit solidaire ?
C'est d'abord un appel à venir témoigner, et à se mobiliser. Il faut que les gens comprennent -et c'est tout l'intérêt de cette manifestation- que le problème du logement peut être résolu à condition qu'il y ait une vraie volonté politique. Nous attendons de réponses rapides du gouvernement. Nous ne nous contenterons pas d'une énième annonce du gouvernement, nous appelons à une politique ambitieuse.
publication : liberation

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Problème logement
Zorro83 - vendredi 8 janvier
Même sans une vraie volonté politique, si seulement les individus bien nantis avaient un peu de conscience, l'action individuelle à elle seule solutionnerait 90% du problème
Les solutions au mieux être de notre société ne doivent pas venir toujours de l'Etat ! et le citoyen ? que fait il lui ???
Pourquoi devoir toujours légiférer ou obliger les uns et les autres à agir ? Pourquoi les habitants de nos pays occidentaux n'ont ils pas de conscience de solidarité ? c'est çà le vrai drame de nos pays développés ...