Dix millions de Français sont touchés par la crise du logement

ANALYSE & DéBATS | ASSOCIATIONS UNIES | CHIFFRES ET DOCUMENTS | DALO | EXPULSIONS | GOUVERNEMENT | INSALUBRITé | PORTAITS - TéMOIGNAGES | PRESSE | TRAVAILLEURS SOCIAUX | VIDéOS - lundi 1 février 2010

La France compte 3,5 millions de mal-logés, et dix millions de ses habitants sont affectés de près ou de loin par une crise du logement qui ne cesse de s'aggraver, prévient la Fondation Abbé-Pierre. Dans son 15e rapport annuel, publié lundi 1er février, l'organisation souligne que "l'aggravation progressive de la crise du logement aboutit à un vrai problème de société" dont les autorités ne semblent pas avoir mesuré l'ampleur. La France manque de logements, et les loyers sont de plus en plus chers.

Aux 3,5 millions de mal-logés s'ajoutent 6,5 millions de personnes fragiles susceptibles de basculer à tout moment dans cette première catégorie en cas d'éclatement de la famille ou de perte d'emploi, par exemple. "Le fait d'être logé ne signifie pas qu'on est à l'abri des difficultés", a commenté Christophe Robert, délégué général adjoint de la fondation. Le problème du logement "s'ancre dans la durée", et la crise "ne fait que renforcer des difficultés qui perduraient depuis longtemps", renchérit-il. Un problème dont les Français sont conscients, selon une enquête Nexity citée par le rapport, 80 % estimant qu'il est aujourd'hui difficile de trouver un logement.

Au chapitre des propositions, la Fondation demande d'imposer dans tout programme immobilier de plus de 10 logements un quota minimum de 30 % de logements à bas loyers. Elle suggère un nouveau plan de cohésion sociale sur cinq ans permettant de mettre sur le marché 150 000 logements sociaux par an. La fondation propose un "grand deal" entre les pouvoirs publics et les propriétaires, qui devraient être incités à remplir les logements vacants et contraints de limiter les hausses de loyers en cas de changement de locataires.

Elle suggère pour 2010 une hausse de 12 % du montant des aides personnelles au logement et l'attribution d'un "chèque énergie" aux ménages les plus modestes. Est également réclamée "la suspension des expulsions locatives des personnes de bonne foi" jusqu'à la fin de l'année.

 

Augustin Legrand, france-info, 01 02 2010

 

publication : lemonde.fr
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