
Depuis sa création en octobre 2006, l'association des Enfants de Don Quichotte s'est investie dans la défense des droits des mal-logés et, plus largement, dans la défense du droit à une vie digne et décente pour chacun. Cette lutte citoyenne se veut pacifique et non partisane politiquement.
Les Enfants de Don Quichotte agissent à la fois pour et avec les personnes dont les conditions d'existence sont indécentes, mais aussi auprès et avec les associations représentant ou venant en aide à ces mêmes personnes.
Les Enfants de Don Quichotte n'ont pas vocation à se substituer aux associations existantes, mais plutôt à mettre en lumière leurs actions et leurs analyses, pour démultiplier leur combat contre ces injustices sociales trop souvent ignorées par les médias et les responsables politiques. En partenariat avec la société civile, et dans un souci permanent de pragmatisme et d'éthique, les Enfants de Don Quichotte organisent des actions médiatiques et spectaculaires afin d'informer et de mobiliser autour du respect des droits humains fondamentaux.
Loin d’être isolés, les Enfants de Don Quichotte travaillent avec les 31 fédérations et associations traitant des questions de logement et d'hébergement pour tenter de constituer un véritable contre pouvoir s'attachant à proposer des réponses adaptées et à militer activement pour une autre politique du logement.
Indépendante de tout parti politique ou syndicat, l’association des Enfants de Don Quichotte a été créée par un groupe d'amis auquel se sont jointes des personnes rencontrées durant les différentes actions qu’elle a organisé (campements, manifestation, projections et débats autour du film Enfants de Don Quichotte – Acte 1, etc...).
Notre organisation est avant tout axée sur nos capacités à mobiliser dans la rue et à imposer notre parole dans les médias. Toutes les personnes inscrites à notre newsletter sont systématiquement informées de nos actions et invitées à y participer. Nous appelons régulièrement nos sympathisants à témoigner sur notre site Internet et à se mobiliser sur des campements citoyens.
Si notre cause profite du soutien de près de 15 000 sympathisants (inscrits à notre newsletter), notre association ne compte jusqu'à présent qu'une dizaine de bénévoles et ne bénéficie d'aucune subvention publique. Elle est uniquement financée par des dons de particuliers ou d’associations. Notre structure est ainsi indépendante et a vocation à le rester. Toutefois, devant l'ampleur des tâches restant à accomplir, nous cherchons désormais à pérenniser l'organisation de l'association, notamment pour poursuivre nos travaux inter associatifs et développer notre réseau au niveau national.
En 2006, le campement installé le long des berges du Canal Saint Martin, à Paris, nous a permis de faire entendre notre voix, celle de citoyens indignés qui ne voulaient plus se résigner à voir chaque jour, tout près de chez eux, des personnes abandonnées à la rue, dans la plus grande indignité et le plus grand silence.
Au cours de cette action citoyenne, nous sommes allés à la rencontre des personnes sans abri et mal-logées, des travailleurs sociaux et des associations présentes sur le terrain depuis des dizaines d'années.Leurs témoignages et leurs constats sont autant d'appel à la révolte :
- La France compte plus de 100 000 personnes sans logis.
- Près de 500 000 personnes sont privées de domicile personnel ou vivent dans des abris inadaptés.
- Plus de 600 000 logements sont indignes ou dangereux pour leurs occupants.
- Au total, ce sont près de 3 500 000 personnes qui souffrent de mal logement, dont des centaines de milliers d’enfants.
La complexité sociale de la question du mal logement ne doit pas faire oublier que des solutions existent. Le mal logement n'est pas une fatalité. Il suffit, pour s'en persuader, de regarder et de s’inspirer des politiques menées chez certains de nos voisins européens qui ont su réduire de manière drastique leur population de sans abris. Force est de constater que les différents gouvernements français n'ont jusqu’ici fait preuve ni de pragmatisme, ni de véritable volonté politique sur cette question.
En décembre 2007, tout juste un an après la déferlante médiatique du canal Saint Martin, constatant que l'essentiel des promesses n'était toujours pas tenu et que le budget du logement était une nouvelle fois annoncé en baisse, nous avons décidé d'appeler nos sympathisants à camper sur les quais de seine bordant Notre Dame de Paris. Si les 200 tentes disposées par surprise n’ont guère résisté plus d'une heure face aux assauts de la gendarmerie mobile et des CRS, l'évacuation brutale du campement a conduit l'ensemble des acteurs associatifs à se solidariser de notre prise de parole citoyenne et militante.
En janvier 2008, les plus importantes associations nationales impliquées sur le thème de l’hébergement ou du logement (Emmaüs, FNARS, Fondation Abbé Pierre, Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement ATD Quart Monde, Secours Catholique, etc...) décident de créer le « collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement des personnes sans-abri et mal logées ». Ensemble, ces associations conviennent qu'une politique efficace en faveur des personnes sans abri et mal-logées doit s’inscrire dans le cadre plus large de la politique du logement et du renforcement de la lutte contre l’exclusion sociale. En ce sens, le collectif travaille à devenir une vraie force de proposition, et un contre-pouvoir efficace en lien constante avec les pouvoirs publics.
Si le gouvernement se dit à l'écoute, les mesures ne suivent pas (Cf Baromètre du collectif de mars 2009). Les Enfants de Don Quichotte entreprennent alors un tour de France du mal logement pour rassembler et interpeller dans les grandes villes de métropole.
Le 15 mai 2009, un campement citoyen est installé sur le quai des Tuileries, près de la Concorde et de l'assemblée nationale, il sera évacué en 2 heures par les CRS.
Le 27 novembre 2009 nous participions à l' organision de la seconde édition de la nuit solidaire pour une nouvelle politique du logement, place de la Bastille à Paris et dans 10 autres villes de France.
Malheureusement, les réponses apportées jusqu'à maintenant par le gouvernement n’ont fait aucun cas des expertises déjà menées (sept rapports concordants ont été remis au gouvernement depuis deux ans, dont certains émanant des élus même de l'UMP. Cf. rapport Etienne Pinte ) Les mesures prises aujourd'hui restent totalement insuffisantes et les promesses faites en 2007 ne sont toujours pas tenues. Seules les réponses d'urgence, réactives et émotionnelles, sont valorisées et privilégiées en lieu et place des mesures radicales, pragmatiques et pérennes qui s'imposent. C’est pourquoi, l’amplification de ce mouvement citoyen nous apparaît aujourd'hui plus que jamais nécessaire et urgente.
Fichiers à télécharger

Connectez-vous pour pouvoir intéragir sur le site
mardi 3 mars
Depuis notre premier campement citoyen du canal Saint-Martin, durant l’hiver 2006/2007, à Paris, notre combat n'a jamais cessé. Pendant deux ans, notre petite équipe de bénévoles n’a pas ménagé sa peine, aux côtés des associations, aujourd’hui réunies dans une inter associative, pour essayer d’infléchir l’action des pouvoirs publics envers les mal-logés. Nous avons parcouru la France pour des projections/débats de notre film « Enfant de Don Quichotte – Acte 1 ». Nous avons participé, et participons encore, à des discussions avec le gouvernement pour tenter d’améliorer la situation.Mais force est de constater que ces années passées à attendre l’application des engagements pris suite au mouvement de mobilisation national qu'avait suscité notre action n’ont pas servi à grand chose, malgré le vote de la loi sur le droit au logement opposable, essentielle à bien des égards, mais largement inappliquée et inapplicable en l’état.
Face au manque de volonté politique et alors que la crise du logement ne cesse de s’aggraver, il y a urgence à imposer de nouveau dans l'espace médiatique, et donc… dans l'agenda gouvernemental, le thème de la lutte contre le mal logement.